Haiti: L'Ecole rejetée, le mondial au Qatar embrassé

Nous sommes à la 7ème journée de la coupe du monde au Qatar. Tout est mis en œuvre : des écrans sont placés dans des endroits stratégiques, la quasi-totalité des stations de radio informent la population des faits ponctuels à longueur de journée, etc. Pourtant nous sommes en pleine crise multidimensionnelle : Déportations de nos ressortissants en RD, crise économique, crise politique, crise institutionnelle, crise constitutionnelle, insécurité absurde et fermeture de nos écoles. Cependant, durant la période de la coupe du monde, tout se passe apparemment comme sur des roulettes. La vie semble reprendre son cours après plus de deux (2) mois de blocage généralisé à travers les rues. Seulement, les élèves restent à la maison. Pas question d’ouvrir l’école.



 Malgré les cris qui fusent des horizons différents pour dire STOP à ceux qui essaient, par tous les moyens, d’instrumentaliser l’école à des fins politiques, une grande campagne médiatique est actuellement en marche. Elle vise à rationaliser le blocage de la rentrée scolaire en arguant le pourquoi les portes des écoles devront rester fermées. Les luttes politiques sont certes importantes pour favoriser l’amélioration des conditions de la population mais pas aux dépens de la scolarisation des enfants.

Une réalité  qui n’est pas sans conséquence sur le système éducatif haïtien qui fonctionnait déjà au ralenti depuis plus de 5 ans. C’est un message clair envoyé aux jeunes pour dire que l’école ne constitue plus une priorité pour notre société. Pendant presque tous les secteurs de la vie nationale essaient quand même de fonctionner durant la crise, l’ouverture des classes est littéralement interdite dans la majorité des régions du pays. Certaines écoles sont obligées de travailler en catimini pour éviter la fureur de ses détracteurs. L’Ecole est mise sur pause.

La vulnérabilité de l’Ecole Haïtienne ne date pas d’hier. Elle est toute une construction qui gagne en proportion. On oublie pourtant que l’école est indispensable pour faire advenir des haïtiens  capables de prendre en main le destin du pays. La société ne cesse de banaliser le caractère cardinal de l’école pour son développement.

 « Si lekòl te bay, Bouki pa t’ap al vann bè »

Aujourd’hui, pendant qu’on sabote l’école, la qualité de l’enseignement se rabaisse encore plus à cause, principalement, du désarroi de  nos meilleurs enseignants cherchant à tout prix à quitter le territoire national.  



Jean Rico PAUL



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